La culpabilité : Une étape dans votre développement personnel ?

Atelier- jeu détresse 1Le sentiment de culpabilité ne figure pas comme une maladie dans le DSM 5* et, pourtant, il peut nous rendre malades à plusieurs égards. Pire, il n’y a aucun médicament d’ordonnance pour en diminuer les symptômes et encore moins pour en faire disparaître les causes. La culpabilité est un sentiment d’une toxicité telle que ceux et celles qui en prennent conscience plongent parfois dans la consommation de drogues ou carrément se suicident pour essayer de s’en débarrasser. Être ou ne pas être coupable peut devenir une question d’importance dans nos relations, car il n’est pas rare que ce sentiment persiste au-delà des interactions avec notre environnement. C’est un sentiment véhiculant un fort pourcentage de mauvaises interprétations face à des situations qui, bien souvent, sont teintées de jugements de valeur erronés.

D’abord, il faut préciser qu’il y a deux façons d’interpréter le sentiment de culpabilité. Celle directement associée à des faits et une autre du domaine du ressenti qui ressemble à une démonstration d’empathie face à la douleur psychologique de l’autre. Être coupable d’avoir volé quelque chose ou d’avoir fait mal à quelqu’un, preuve à l’appui, ce n’est pas la même chose que de se sentir coupable par association d’idées. Par exemple, si la fille de votre nièce se suicide et que vous lui avez parlé deux jours avant le drame sans vous rendre compte de sa détresse, il se peut que vous viviez un certain malaise. Se sentir coupable de ne pas avoir compris le message qui aurait pu éviter le drame est d’un autre registre. Il est difficile de voir clair dans notre façon d’être en société quand le réflexe est d’être coupable, sans logique de cause à effet. Les individus qui sont facilement coupables « d’exister » le sont parfois pour ceux et celles qui refusent carrément de l’être. Revivre constamment un sentiment de culpabilité dans le quotidien, c’est aussi assumer, pour certains, une baisse d’estime de soi, une honte ou une incapacité à trouver une solution à un problème complexe. Le sentiment de ne pas  réussir  à bien comprendre les causes d’un événement dramatique renforce le sentiment de culpabilité des bonnes âmes alors qu’elles ne devraient pas le faire.

Devenir responsables de notre évolution en assumant nos erreurs de jugement, nos mauvaises décisions ou notre manque d’attention est aussi difficile que d’accepter de se remettre en question et de faire face à des transformations importantes sur notre façon de voir la réalité. Comment négocier avec le paradoxe d’être sensible sans être coupable ou ne plus être coupable de rien et être insensibilise à la détresse des personnes qui nous entourent ?

À travers les étapes de notre développement personnel, confesser ouvertement ses erreurs ou ses difficultés de parcours est une façon de montrer que nous sommes dans un processus évolutif lié à une certaine fragilité psychologique. Par contre, revisiter ses actions, ses pensées et ses objectifs pour les remettre en question ne devrait pas accentuer ce sentiment d’être ou ne pas être coupable. Nos remises en question s’accompagnent souvent d’amendes honorables, parce qu’elles nous aident à situer les changements à effectuer dans une situation qui demande de ne plus répéter certaines actions ou certains comportements. La culpabilité utilisée comme valeur témoin dans notre transformation personnelle ne doit pas devenir punitive mais plutôt un aide-mémoire pour ne plus répéter les mêmes erreurs de jugement. Dans les faits, personne ne veut payer le prix d’une culpabilité qui nous persécute à vie. C’est donc dire qu’il faut bien comprendre à quoi correspond notre culpabilité. Vivre un sentiment de culpabilité à l’égard d’une situation problématique aide à comprendre plus aisément les limites de ses propres responsabilités relationnelles. Le sentiment de culpabilité fait partie inévitablement d’une étape dans notre développement personnel. Nous sommes tous et toutes responsables d’évoluer vers une conscience supérieure dans notre milieu de vie.

Faire image vous propose de faire l’exercice de mettre en images, avec le jeu 55 ICÔNES, vos réflexions sur la culpabilité et sur votre capacité à préciser les limites de vos responsabilités dans une relation d’aide. Racontez-nous une histoire avec une des images du jeu et donnez-vous l’occasion de mieux comprendre comment vous vivez, acceptez et manifestez votre culpabilité au quotidien et comment vous aimeriez qu’elle puisse se transformer. (PDF atelier du 10 novembre)

michel_delage

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Réf : DSM 5 * : https://fr.wikipedia.org/wiki/DSM-5

– Le DSM-5 est la cinquième édition du DSM (de l’anglais Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie

 

Le mal-être

Symptôme d’une mutation sociale et planétaire

etre_imageIl est normal que la détérioration de l’environnement, incluant les catastrophes naturelles, les ratés de nos différents systèmes politiques, les conflits entre les classes sociales comme les guerres de religions accélèrent les transformations d’ordre social. Le mal-être ne date pas de notre ère technologique et de ses outils « intelligents » qui nous font oublier le contact essentiel avec nous-mêmes, car ces transformations se répètent de manière cyclique depuis des centaines sinon des milliers d’années. Elle montre que les mutations d’ordre social et planétaire influencent inévitablement les états psychologiques des individus au point de créer une sorte d’insécurité récurrente. Pourtant cette insécurité pourrait devenir une occasion de synchroniser l’évolution de la société avec celle des individus et vice versa. Le mal-être existentiel actuel chez la population pourrait provoquer une prise de conscience quant à l’urgence d’évoluer personnellement ou, du moins, de faire évoluer la société. Continuer la lecture de « Le mal-être »

À homme déséquilibré, chien fou : L’obéissance à son maître

Chien fou 2Pour la première fois dans ma vie, j’ai rencontré un chien fou pendant mes vacances.

Il est connu que beaucoup de chiens sont des dépendants affectifs, que certains sont également jaloux et veulent dominer en mordant les mâles qui semblent leur faire ombrage. Ce dernier comportement de domination du chien peut être accentué par un dressage à  l’attaque dans le but de protéger le maître et son territoire. Le chien dont j’ai fait la connaissance avait tellement été corrigé qu’il en était devenu « fou ». Sa folie se manifestait par des épisodes d’angoisse canine. Pour en diminuer l’intensité, il fallait lui donner une couverture contre laquelle il pouvait s’acharner, comme si elle personnifiait la victime toute désignée de sa rage de mordre un attaquant imaginaire. Le chien avait un comportement tellement imprévisible que la relation avec les personnes et les autres chiens était problématique. Son énergie, définitivement mal canalisée, l’amenait à tourner sur lui-même et à courir après sa queue pour mordiller quelque chose qui bouge. Le pauvre chien, du haut de ses 2 ans, était psychologiquement contaminé par une éducation à la dure, où les punitions quotidiennes étaient ses références relationnelles. Continuer la lecture de « À homme déséquilibré, chien fou : L’obéissance à son maître »

«Faisons de la psychologie » entre nous : L’urgence de mieux se connaître

Nous s28 Faisons de la psychologie 2ommes dans un monde de spécialistes où, semble-t-il, le citoyen ne peut comprendre, faute de connaissances approfondies ou de formations scolaires appropriées, plusieurs concepts qui structurent notre société moderne. D’une façon insidieuse, une sorte d’étanchéité professionnelle s’est mise en place entre les spécialistes et les non spécialistes comme si certains domaines d’intérêt public tels que la santé, l’économie ou de la politique n’appartenaient plus qu’à ceux et celles qui possèdent un MBA ou un PH.D. Même la psychologie est réservée aux psychologues, taxant de « psychopop » toutes les formes d’approche qui ne sont pas approuvées par leur ordre professionnel. C’est à se demander si, entre nous, nous pouvons « faire de la psychologie » au quotidien sans être soi-même un psychologue, à l’exemple du citoyen qui désire « faire de la politique » sans nécessairement souhaiter devenir un politicien ou avoir un potager dans sa cour sans être agronome pour autant.

Pour ma part, je m’intéresse à la psychologie et aux troubles psychiques depuis 30 ans et, pour bien des psychologues, psychiatres et médecins spécialistes, je n’ai tout simplement aucune crédibilité, surtout si c’est pour proposer de nouvelles avenues à la santé psychologique en utilisant un jeu d’images projectives qui stimule l’imagination. Pire, une étiquette d’imposteur persiste aux yeux de ces professionnels qui m’écoutent comme si je ne pouvais absolument pas comprendre les comportements psychologiques, vu ma scolarité déficiente et mon manque de formation spécialisée. Pourtant, il y a tellement de non spécialistes qui accompagnent les déprimés et les malades mentaux, d’aidants naturels, que je ne saisis pas pourquoi on ne tient pas compte de leur expérience sous prétexte qu’ils ne sont pas encadrés par un ordre professionnel. Plus souvent qu’autrement, les gens en détresse se confient d’abord à des proches et à des collègues avant de consulter un professionnel de la santé. C’est donc dire que l’environnement social est primordial pour partager son vécu et évaluer son état de santé psychologique. Les psychologues, coachs et thérapeutes n’ont pas le monopole de l’accompagnement et il est parfois plus urgent de se sentir écouté et reconnu par un proche que de se faire analyser par un inconnu. De plus, ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de se payer une série de consultations. Comme nous avons tous le devoir de trouver une solution à notre propre déséquilibre mental et physique et que nous sommes tous en définitive des  « amateurs » en la matière, faut-il laisser tomber toute tentative de réflexion personnelle et d’introspection sur le sujet ? La vision du médecin ou du psychologue qui sait tout et qui peut tout guérir est, depuis longtemps, un mythe auquel certains osent croire encore de peur d’être obligés de s’attarder à leur santé et surtout à leur monde intérieur. Les professionnels de la santé sont « entrainés » à analyser un problème pour le classer et faire un diagnostic. Le modus operandi est de « régler le problème », mais, parfois, le problème, beaucoup plus complexe, touche plusieurs aspects de la personne, ce qui nécessite une période de réflexion et une implication personnelle soutenues.

Étant donné que la plupart des travailleurs du monde absorbent pendant toute leur vie professionnelle un stress psychologique énorme à cause des politiques de développement économique basées sur la performance et la compétition, que les citoyens sont aux prises avec un système de santé qui valorise la médication au lieu de la prévention, ce qui les rend doublement dépendants (et parfois ignorants) de leur état maladif, ceux-ci devraient participer à la résolution des problèmes reliés au stress psychologique. Certains patrons et PDG après être  tombés au front de la course au rendement et s’être relevés, peuvent plus facilement déceler, chez leurs employés, les signes avant-coureurs de la détresse qui sévit dans leur propre entreprise. Ces mêmes décideurs sont « redescendus sur terre » au niveau du simple employé pour mieux servir d’exemple et promouvoir la compassion, l’empathie et l’écoute active comme solution de première ligne.

N’oublions pas aussi que c’est toute la population qui assume, de plus en plus, le manque d’accessibilité aux soins de santé,* que ce soit à un médecin de famille ou à un spécialiste. Dans ce cas, ne nous gênons pas pour suggérer des solutions à des problèmes récurrents et ainsi participer collectivement au processus de guérison d’une société malade de ses objectifs et de son ambition de créer toujours plus de richesse sans tenir compte des dommages collatéraux psychologiques.

Si nous continuons à concevoir le développement et la résolution de problèmes sans remettre en question les comportements psychologiques qui régissent la plupart de nos interactions et la qualité de nos relations interpersonnelles, nous allons tous continuer à gérer des problèmes plutôt qu’évoluer. Alors commençons à « faire un peu de psychologie » avec nos collègues et nos amis sans attendre qu’un psychologue nous dise comment et pourquoi le faire. Nous sommes des humains qui avons surtout besoin de contacts avec d’autres êtres humains avant de tomber dans des grilles d’analyses toute faites de professionnels.

Faisons dès maintenant de la psychologie pour mieux nous connaître et, s’il le faut, inventons une nouvelle façon de nous comprendre, différente de celle enseignée à l’université, car notre monde change rapidement et nous avons tendance à revenir trop souvent aux mêmes vieux patterns.

Nous sommes intérieurement plus forts, inventifs et intelligents que nous le croyons. Partageons donc nos réflexions avec nos proches sur notre capacité à « rebondir », sur nos difficultés et nous serons surpris des conversations positives qui en résulteront. Apprenons de nos relations avec les autres pour nous enrichir de nos expériences mutuelles et nous donner une qualité de vie communautaire.

Michel Delage

* « Et le patient, dans tout ça ? » , Diane Lamarre, Le Devoir , 20 novembre 2014

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La fragilité psychologique et le jeu 55 icônes

Un psycho27-Fragilité psychologique 2logue, chercheur à l’université, me disait qu’il ne voulait pas utiliser le jeu 55 icônes parce qu’il était certain que ce jeu allait augmenter la fragilité psychologique de ceux et celles qui l’utiliseraient. Mais qu’entend-on vraiment par fragilité psychologique ? Comment un jeu d’images projectives comme 55 icônes, dont le but est de valoriser l’imagination de son utilisateur, pourrait le fragiliser psychologiquement ?

D’entrée de jeu, la fragilité psychologique ne semble pas être une notion scientifiquement bien définie. Les spécialistes en santé parlent de fragilité psychique reliée à différentes sortes de trouble (troubles anxieux, troubles dépressifs, troubles bipolaires, troubles addictifs, etc). La personne qui vit une épreuve difficile au niveau personnel, comme après un accident grave, une peine d’amour ou un échec professionnel, pourrait accentuer son trouble et se mettre dans un état de fragilité extrême. Cette fragilité qu’elle soit d’ordre psychique (perte de sens) ou psychologique (comportementale et relationnelle) déstabilise à bien des niveaux et donne l’impression à la personne d’être incomprise par son entourage au moment où elle en a le plus besoin. Glissant tranquillement vers un mal-être, cette même personne se sent souvent démunie et dépassée par une situation qui l’oblige à redéfinir ses repères.  Il y a ceux et celles, par exemple, qui sombrent dans un isolement intérieur au point de voir leur estime de soi tomber à plat sans pouvoir y remédier, ceux qui résistent et se révoltent en étant violents pour signaler à qui voudraient l’entendre leur désarroi et ceux qui «gèlent» sur place et s’agrippent à une petite bouée que l’on appelle péjorativement routine ou « rituels » sécurisants. Il y a autant de sortes de fragilité humaine qu’il y a de personnes affligées et leur origine est multifactorielle, donc inévitablement très complexe et difficile à fixer dans des catégories. Ajoutez à cela les codes de vie, les croyances et les traits culturels et l’origine de la fragilité est encore plus difficile à cerner.

Indépendamment de la gravité du malaise vécu, on peut toujours essayer de reconnaître comment cette fragilité est imaginée et perçue par les personnes concernées. La grille d’analyse objective d’un test psychométrique, par exemple, a tendance à « mettre en boîte » l’imagination alors que la subjectivité et le monde imaginaire sont souvent au centre du trouble et influencent la capacité de la personne à trouver des solutions à une problématique à plusieurs niveaux. Il est possible d’aborder la fragilité psychique et psychologique d’une façon logique et rationnelle, mais il faut également tenir compte de l’interprétation de son malaise par celui ou celle qui le vit.

Le jeu 55 icônes donne la possibilité de représenter, d’une façon symbolique, les états d’être complexes qui nous accablent et d’aller dans notre monde imaginaire pour trouver un nouvel angle de vue. L’objectif du jeu est de jouer avec son imagination et non de jouer avec la « maladie ». En regardant une image abstraite qu’elle a choisie, la personne raconte une petite histoire en répondant à la question Que voyez-vous dans cette image ? Par la suite, selon l’histoire racontée et surtout si elle le désire, elle répondra aux questions des autres participants ou de l’animateur sur son histoire (Pourquoi le dragon est-il bleu ? Pourquoi ne voit-on que le cou du cheval dans l’image ? Etc.). Le participant ne doit pas chercher une bonne réponse mais seulement à dire ce que l’image lui inspire. C’est grâce à son interprétation de l’image choisie que la réflexion, la discussion ou l’introspection s’amorcent. Le participant peut à tout moment arrêter son histoire, cesser de parler ou réinterpréter l’image sous un autre angle s’il en a envie. Celui ou celle qui l’accompagne ne doit jamais juger l’histoire ou la comparer avec son propre vécu. Chaque histoire est unique et fait office de courroie de transmission entre la structure psychique du participant et sa réalité. Il est possible d’échanger sur le contenu de l’histoire, mais seulement après que la personne a expliqué ce qu’elle comprend elle-même de son histoire, à quoi elle peut bien correspondre dans sa vie passée, présente ou future. L’exercice a toujours pour but de laisser la personne exprimer le plus possible comment elle voit son image pour parler de son monde intérieur. Loin de la fragiliser, d’après mon expérience, plus souvent qu’autrement la personne prend plaisir à exprimer ses préoccupations en utilisant des images mentales. Par exemple, je vois un loup dans la forêt, il est dans son coin, il a faim. Il ne rencontre pas d’autres loups, il est triste, etc. ou encore la personne commence une histoire rocambolesque et la finit par « Et tout le monde meurt ». Très souvent, c’est le début de la conversation avec l’accompagnateur ou les autres participants, qui pourront lui demander pourquoi le loup est-il seul  ou pourquoi tout le monde meurt dans l’histoire alors que rien ne le présageait. L’ensemble des interactions visent toujours à aider la personne à mieux se connaître ou à mieux communiquer.

Le jeu 55 icônes est un jeu qui se joue préférablement en groupe (idéalement 8 à 15 personnes) mais aussi individuellement. La dynamique qui se forge au gré des histoires racontées est toujours surprenante. Tous les participants sont à l’écoute les uns des autres et sont intéressés de savoir ce que la personne va raconter à partir de l’image qu’elle a choisie. Personne ne se soucie de la fragilité de l’autre, puisque la participation est volontaire et qu’il n’y a pas à évaluer ou à interpréter l’histoire racontée mais seulement à la valoriser comme une façon différente de communiquer. Le jeu 55 icônes n’est pas un test, car il n’a pas l’objectif de mesurer l’état psychologique mais seulement de le traduire en images pour y avoir accès. Il est fascinant de voir que ceux et celles qui décident de parler de leur parcours difficile, de leurs erreurs de jugement ou de leur malaise se font épauler tout naturellement par les autres au moyen de réflexions et de questions qui les aident à comprendre ce qu’elle raconte. Jamais, dans aucune rencontre, il n’y a eu de l’indifférence, de la moquerie ou des confrontations de personnalité. Les images du jeu offrent une très grande marge d’interprétation, ce qui laisse le loisir aux participants de s’exprimer de la façon qu’ils le désirent. L’histoire racontée peut être drôle, bizarre, passionnante, fantasmagorique, poétique ou révélatrice d’une préoccupation, qu’importe, tout est bon et chacun apprécie comment les autres réussissent à « faire une histoire » en utilisant si peu d’information imagée (deux couleurs et une forme archétypale).

Dans un exercice minuté (en entreprise ou en pratique privée), il est préférable de définir un thème dès les premières minutes de jeu (travail, famille, relation, principes de vie, objectifs d’avenir, etc.) Il y a autant de thèmes que de situations à mettre en images et cela permet souvent de diriger les histoires racontées vers un objectif concerté. Mais, même sans thème au préalable, le jeu fonctionne bien car l’histoire racontée du participant suggère toujours un sujet à la base, et ce, autant à l’intérieur d’une animation de groupe qu’en rencontre individuelle avec un coach, un psychologue ou un responsable des ressources humaines.

La recherche d’un équilibre psychique et psychologique commence souvent par un exercice de  connaissance de soi. La fragilité psychologique de celui ou celle qui désire mieux se connaître ne relève pas uniquement du cadre médical ou diagnostique d’un spécialiste en santé. La fragilité dont on parle appartient à la personne qui la vit et ce n’est pas le fait d’en parler en utilisant son imagination qui va l’augmenter. Faciliter le partage de ses images mentales aide assurément à construire son équilibre à bien des niveaux. Tout simplement, le jeu 55 icônes vise à faire découvrir comment notre imagination peut réorganiser notre psyché et faciliter la communication dans le simple fait de s’exprimer grâce à un langage imagé à caractère abstrait capable de symboliser la complexité qui nous habite.

Michel Delage

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À lire :

Soutien psychologique chez des personnes en fragilité sociale dans le cadre d’un examen périodique de santé
http://www.cairn.info/revue-sante-publique-2009-6-page-619.htm

Fragilité psychologique et psychologie du fragile.
http://www.bdsp.ehesp.fr/Base/440743/

Avez-vous des dissonances cognitives au niveau social ?

Les ur25- Dissonance 2gences des hôpitaux sont envahies par les psychotiques et les dépressifs. Les centres carcéraux ont de plus en plus de la difficulté à «accueillir» les vagues successives d’emprisonnement de forcenés vivant un déséquilibre mental. Les corps policiers se donnent des formations pour «réagir» différemment face à l’augmentation des itinérants souffrant de problèmes mentaux. Nos soldats reviennent du théâtre opérationnel avec des pensées suicidaires reliées à des chocs post-traumatiques difficilement compréhensibles pour leur famille. Sans oublier un taux effarant de réclamations en assurance maladie des travailleurs qui demandent des congés pour cause de dépression et de burn out (50% de la totalité des réclamations*). Que tout ce beau monde devienne «malade» pour différentes raisons indique que nos sociétés commencent par se dégrader avec l’augmentation du stress psychologique des individus : une nouvelle sorte de pandémie invisible à l’échelle mondiale fragilise le développement psychologique et psychique des citoyens.

Au-delà des facteurs pathologiques, nous vivons plusieurs dissonances cognitives au niveau social, c’est-à-dire des inconforts émotionnels générés par l’existence simultanée d’au moins deux cognitions qui s’excluent mutuellement **. Ces dissonances peuvent devenir le moteur de très grandes transformations, mais peuvent aussi provoquer un profond malaise conduisant à l’impasse ceux et celles qui les vivent sans y être préparer. Souvent vue comme une contradiction insurmontable, la dissonance cognitive dans certains cas nous oblige à choisir entre deux maux, deux valeurs morales, deux concepts ou deux principes de vie opposés. Elle peut créer une sorte de vide de sens qui se traduit inévitablement par la corrosion de notre équilibre mental, psychologique et psychique à bien des niveaux. Pour rétablir cet équilibre tant recherché, nous justifions nos comportements contradictoires en les rationalisant et en donnant du sens à ce qui n’a visiblement plus d’assise logique. Il faut regarder ces dissonances comme des signes avant-coureurs de malaises profonds dont le stress psychologique ne représenterait que la pointe de l’iceberg.

Voici quelques exemples de dissonances cognitives vécues dans le monde occidental.

La performance au travail :
Travailler comme un malade ou être malade de son travail ?

1- Nous travaillons dans des cadres sociaux qui ne correspondent plus au développement des individus mais aux objectifs financiers des entreprises. Plusieurs travailleurs doivent performer et augmenter les statistiques de production pour avoir accès à des primes de rendement. Sachant que nous avons une capacité personnelle maximale de travail, il se peut que nous ne puissions plus suivre ce rythme effréné et soyons obligés un jour d’arrêter de travailler pour cause d’incompatibilité avec les exigences du marché du travail. L’absentéisme et le présentéisme sont les premiers symptômes d’une difficulté à s’intégrer dans un cadre de travail où les objectifs exigent de se dépasser continuellement sans tenir compte de la quantité de stress à absorber. Paradoxalement, «gagner sa vie» nécessite souvent de perdre une partie de sa santé psychologique dans l’exercice. Faut-il continuer à performer pour se garantir un emploi malgré la dégradation de sa qualité de vie ou insister pour avoir une vie professionnelle qui ne vise pas automatiquement une performance difficile, voire impossible à atteindre à moyen terme ?

Entretenir une bonne mémoire
Être ou ne pas être dans le nuage informatique ?

2- Comme notre mémoire collective est maintenant enregistrée dans un nuage informatique, nous avons tendance à nous déresponsabiliser de la qualité de notre propre mémoire. Au fil du temps, les utilisateurs de technologies informatiques tombent dans une sorte de dépendance à la mémorisation de l’information par une machine. Nous continuons à nous départir de notre mémoire personnelle et collective, sachant pertinemment que l’engouement pour ces gadgets numériques ne sera pas à notre avantage à long terme. Le dilemme est insidieux car c’est un phénomène d’entrainement populaire à l’échelle mondiale. Entre mémoriser le moindre atome qui passe d’une façon numérique ou utiliser sa mémoire personnelle moins performante, nous choisissons le nuage informatique, ce qui entraine la dégradation de notre mémoire personnelle à petites doses et souvent à notre insu. La technologie semble plus performante au quotidien, mais elle n’est pas évolutive par elle-même, car elle a besoin d’une mémoire externe (l’être humain) pour être fonctionnelle et évoluer dans nos nouveaux cadres de communication. Nous le constatons avec nos ainés qui perdent de plus en plus leur mémoire, mais dont aucune technologie ne réussit à pallier la perte. Faut-il entretenir notre mémoire personnelle avant qu’il ne soit trop tard ou investir dans des outils technologiques toujours plus puissants au prix de devenir des handicapés cognitifs ? La mémoire humaine est-elle moins importante que celle du nuage informatique ?

Avoir une double identité nationale
Avoir une double nationalité ou adopter une identité nationale unique ?

3- Toutes les grandes villes sont cosmopolites et, avec les grandes vagues de « déplacés », que ce soit à cause d’une catastrophe environnementale, d’une crise économique ou d’une guerre civile qui n’en finit plus, plusieurs pays accueillent un nombre important de nouveaux immigrants. Que dire, par exemple, des enfants nés à Montréal d’une mère mexicaine et d’un père japonais, ont-ils un peu du Mexique et du Japon dans leur ADN ? Il est clair que le pays de naissance établit l’identité nationale de la personne, mais une certaine ambiguïté peut persister quand cette même personne privilégie l’origine des parents, surtout quand ses traits physiques indiquent un lien culturel indiscutable. Vivre plusieurs nationalités dans la même personne peut créer une dissonance cognitive au niveau identitaire dans le seul fait de devoir choisir une nationalité au profit de l’autre dans des situations où il faut se positionner pour ne pas laisser place à une ambiguïté sociale. Dans plusieurs contrées, certains groupes ethniques sont systématiquement stigmatisés et en subissent les contre-coups même s’ils habitent parfois le pays depuis plusieurs générations. Vivre une double nationalité peut être un atout dans nos sociétés multiethniques, mais peut également laisser une sorte de flottement identitaire qui ne sera pas nécessairement perçu de manière positive, autant dans son pays de naissance que dans ceux de ses parents. Vaut-il mieux afficher clairement une identité nationale ou grossir les rangs de ceux qui ont une double identité ?

Les différentes valeurs familiales
Valeur sociale traditionnelle ou structure inadaptée au développement de nos sociétés ?

4- La famille est-elle une valeur essentielle qui perpétue la tradition et les bons sentiments envers ses proches ou une structure qui n’est plus adaptée à nos nouveaux critères de développement social ? Malmenée par les médias, la famille est souvent présentée comme un lieu de conflits interpersonnels, d’abus de pouvoir et de vengeances meurtrières et non comme un îlot d’équilibre psychologique et psychique. Plusieurs parents travaillent tellement pour garder leur pouvoir d’achat et leur standing de vie qu’ils laissent leurs enfants se faire d’autres types de famille sur les réseaux sociaux et placent leurs ainés en foyer d’accueil pour qu’ils puissent profiter d’un accompagnement qu’ils sont incapables de donner à moyen et à long terme. Une certaine dissonance s’installe dans l’esprit des gens quand la famille n’est plus un milieu incubateur exemplaire mais que le désir de créer une famille nucléaire persiste. Faut-il faire l’expérience familiale même au prix de subir une séparation après seulement 3 ans de vie commune et de s’entredéchirer pour la garde de ses enfants, créant l’antipode d’un milieu évolutif ? Familles éclatées et familles reconstituées, toutes sont plus ou moins en grande transformation laissant la maxime « pour le meilleur et pour le pire » comme le reliquat d’une convention désuète qui n’a plus sa place. Les valeurs familiales ne sont pas nécessairement un gage de stabilité affective et émotive, mais rien ne peut vraiment remplacer l’idée de fonder un foyer où un père et une mère enveloppent leurs petits d’attention et d’amour inconditionnel. Faut-il réinventer la famille au lieu de la vivre comme une tradition sans tenir compte des nouveaux développements sociaux et comportementaux ?

Il y aurait encore bien d’autres types de dissonances auxquelles nous sommes confrontés, mais l’important est de retenir qu’elles se retrouvent dans toutes les cultures à différents degrés, affectant la qualité du développement social et contribuant à la vague mondiale de dépressions individuelles et collectives. Certaines situations, idéologies ou croyances religieuses peuvent diviser non seulement nos esprits mais affecter notre comportement et devenir très corrosives pour notre équilibre psychologique et psychique.

* Réclamations : Burn-out: le «fléau de l’heure» pour les entreprises

http://affaires.lapresse.ca/economie/201210/15/01-4583244-burn-out-le-fleau-de-lheure-pour-les-entreprises.php

** La dissonance cognitive

« L’unité de base de la théorie de la dissonance cognitive est la cognition, définie comme tout élément de « connaissance, opinion ou croyance sur l’environnement, sur soi-même ou sur son propre comportement » (Festinger, 1957, p. 9). Les différentes cognitions peuvent entretenir entre elles trois types de relations : la dissonance, la consonance, ou la neutralité. Deux cognitions sont dissonantes quand elles ne vont pas bien ensemble (e.g., « je fume » + « je sais que fumer tue »), consonantes quand elles vont bien ensemble (e.g., « je fume » + « j’aime fumer »), ou neutres quand elles n’ont aucun rapport (e.g., « je fume » + « il fait beau »). Selon Festinger (1957), toute relation de dissonance entre cognitions amènerait l’individu à ressentir un état d’inconfort psychologique appelé « dissonance ». Afin de dissocier conceptuellement la relation de dissonance et l’état de dissonance, Robert-Vincent Joule (1986) propose de parler de «relation d’inconsistance» (vs. consistance), et de réserver le terme de « dissonance » à l’état de dissonance (terminologie que nous adopterons dès lors). Tout comme la faim ou la soif motive l’individu à boire ou à se restaurer, l’état de dissonance serait lui-même motivant: il motiverait l’individu à réduire son inconfort psychologique.

Vaidis D. et Halimi-Falkowicz S. (2007). « La théorie de la dissonance cognitive : une théorie âgée d’un demi-siècle ». Revue électronique de Psychologie Sociale, n°1,

La dissonance, la consonance et la neutralité peuvent être associées à trois types d’interprétations liées aux exercices de projection à partir jeu 55 ICÔNES. Par exemple, si la dissonance est une interprétation qui demande de changer d’angle de vue pour essayer d’intégrer une nouvelle donnée, il est aussi possible que devant une image abstraite, l’utilisateur reste perplexe et n’y reconnaisse rien. La consonance est directement liée à la reconnaissance d’une valeur complémentaire, qu’elle soit chromatique ou symbolique. La neutralité, quant à elle, serait la cohabitation de plusieurs symboles dans le même espace mental n’ayant à priori pas de lien apparent pour l’utilisateur mais qu’il serait facile de mettre ensemble en utilisant un nouveau concept unificateur.

Michel Delage

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Parlez-vous de votre santé psychologique dans votre milieu de travail ?

Même si 21-Parlez-nous de votre détresse 2certaines organisations préfèrent ne consulter que des professionnels de la santé lors de formations et d’ateliers sur la santé psychologique, il serait important de proposer une alternative plus ludique aux groupes de travailleurs qui voudraient en parler dans leur milieu de travail. Si les personnes ayant un équilibre psychologique fragile éprouvent le désir d’échanger sur leur santé et leurs difficultés de parcours avec leurs collègues et amis, ils aimeraient le faire dans une ambiance qui leur permettrait d’être à l’aise. Pourquoi ne pas offrir des espaces de rencontres n’ayant à priori aucun objectif de guérison mais dont le seul but serait simplement de discuter entre adultes consentants des mêmes problèmes d’ordre psychologique générés par les mêmes pratiques de travail ? Ces rencontres pourraient, assurément, diminuer la stigmatisation des personnes qui reviennent au travail après un long congé de maladie. A l’exemple des Anges de Lac Mégantic (bénévoles qui sillonnaient la ville pour écouter la détresse des citoyens après la tragédie), nous pourrions simplifier notre approche et être plus créatifs face à une détresse en expansion, et ce, dans tous les secteurs d’activités professionnelles.

Il se peut que l’aide aux plus fragiles passe beaucoup plus par le jeu, l’entraide et l’écoute active que l’application d’une grille d’analyse psychométrique ou du DSM 5 par un professionnel de la santé dans un contexte de pratique privée. Toutes les interventions pour soutenir autant la population aux prises avec une catastrophe qu’une entreprise en période de crise et pour diminuer la détresse psychologique doivent être révisées sous l’angle de l’innovation et de la créativité. Car la consultation avec un professionnel de la santé est temporaire alors que la participation à notre milieu est une préoccupation constante à toutes les époques de notre vie active. Comme il faut toujours réintégrer un groupe de travail après une consultation avec un professionnel de la santé, la création d’espaces de discussion à caractère ludique pourrait contribuer à réinventer, au quotidien, une nouvelle façon de réfléchir en groupes sur la santé psychologique de tous et chacun.

L’approche 55 icônes propose un jeu sérieux qui permet aux personnes de tous âges de mieux se connaître grâce à des images abstraites servant de courroie de transmission pour parler de soi en groupe. Que ce soit une personne scolarisée ou non, un cadre supérieur ou un travailleur saisonnier, la santé psychologique, par exemple, peut être abordée plus simplement car les interventions des participants(es) sont transposées dans un langage imagé facilement mémorisable. Le jeu procure ainsi un terrain fertile pour dédramatiser des sujets difficiles en créant un dénominateur commun pour les échanges au moyen de 55 archétypes insérés dans l’interface du jeu.

L’approche 55 icônes vise l’expression de soi et la réflexion en groupe sur la consolidation d’équipes, la créativité et la détresse psychologique en utilisant le potentiel imaginatif des individus. Elle valorise l’imagination pour trouver des solutions et même soutenir des réflexions complexes à plusieurs niveaux. Les transformations sociales frappant de plein fouet tous les travailleurs, il faudra bien prendre le temps de discuter des malaises qu’elles occasionnent, qui perturbent constamment la cohésion des équipes et minent la bonne volonté participative en général. Il faut se forger de nouveaux points de repères capables de modifier notre perception d’une réalité trop souvent occultée par la peur d’être stigmatisé.

Michel Delage

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Voulez-vous faire l’auto évaluation de votre santé psychologique ?

 Il y a desauto-évaluation 2 centaines d’années, sinon des milliers, l’être humain était déjà préoccupé par son développement spirituel, social et psychique. Et, de tous temps, que ce soit par des croyances religieuses, des principes de vie et des connaissances intuitives de toutes sortes, il a dû faire l’effort de se comprendre, d’évaluer ses forces et ses faiblesses et trouver un sens à ses multiples interactions avec son environnement. Aujourd’hui une des préoccupations du monde du travail est la santé psychologique, intrinsèquement liée à notre développement personnel et professionnel. Nous pouvons consulter des spécialistes en santé ou répondre à des questionnaires en ligne (http://www.cogicor.com/questionnaires-en-ligne.asp) mais, au final, nous nous devons de faire régulièrement des exercices d’auto-évaluation de notre santé psychologique afin de s’initier à ces processus introspectifs. Vous cherchez une recette ? Malheureusement il n’y en a pas, tout au plus des balises pour structurer votre démarche.

 Il faut d’emblée admettre que l’être humain est complexe pour ne pas dire très compliqué et que les exercices d’auto-évaluation nécessitent de dépasser la métaphore du miroir capable de nous refléter notre image. La connaissance de soi, thème principal de l’auto-évaluation, rassemble dans une même idée un équilibre psychologique et psychique tout à la fois et non une simple image de surface. Naturellement, il ne faut pas se perdre dans un sentiment d’impuissance et être facilement dépassé par les efforts à faire pour mieux se connaître. L’important est de trouver un dénominateur commun qui puisse rassembler et non diviser les multiples réflexions et introspections liées à votre auto-évaluation. Ce dénominateur commun c’est votre personne au grand complet Vous êtes générateur de vos dépassements, de vos prises de conscience comme de votre organisation mentale. Vous êtes l’axe de votre développement malgré vos failles et la connaissance partielle de votre potentiel créatif.

 Premier constat : la santé psychologique est un idéal à atteindre et tous les efforts servent à renforcer votre estime de soi avec en premier : une compréhension plus fine de vos différents comportements.

Deuxième constat : Dans votre analyse, toutes les sortes de réflexions sont bonnes. La santé psychologique n’est pas une valeur qui doit être polarisée où il y aurait un bon côté et un mauvais côté. Un défaut peut devenir une qualité pour certain comme une erreur de jugement peut faire partie d’un comportement lié à la prudence. Donc, votre auto-évaluation sera basée sur l’intégration de tout ce qui fait partie de votre petite et grande personne sans faire de jugement au préalable. Si polarité il y a, c’est au niveau de ce que vous êtes réellement et de ce que vous souhaitez devenir. La ligne peut être mince mais elle doit être placée de façon à vous faire réfléchir sur la différence entre un fait vécu et une projection futuriste voir imaginaire.

Troisième constat : Se poser des questions est le signe d’un désir de se transformer pour devenir meilleur. Se remettre en question ne sert pas à s’auto-flageller pour se faire sentir coupable au point de tomber encore plus dans un trou sans fond. La notion de responsabilité fait figure de référence ultime. Nous sommes tous responsables de ce que nous sommes et nous devons l’accepter, car nous serons responsables de nos actions jusqu’a notre mort. Toutes nos décisions doivent être réfléchies et en accord avec notre identité profonde ou du moins avec la connaissance immédiate que nous avons de notre bagage intellectuel, affectif, émotif et sensoriel. Être responsable de soi, c’est accepter les expériences de vie qui nous ont construit au fil des années et devenir ce que nous sommes réellement et non ce que nous croyons que nous sommes.

A partir de ces trois constats :

1- Définir un idéal ou un équilibre à atteindre.

2- Faire la différence entre des faits vécus et des projections.

3- Être responsable de ses choix et ses décisions, quelle que soit la teneur, aidera à évaluer la notion même de santé psychologique. L’équilibre projeté est un concept qui a le potentiel de se manifester et de se réaliser dans la vie de tous les jours. L’auto-évaluation aide à canaliser cette manifestation.

 Tout au long de votre vie, vous avez mémorisé le pourquoi et le comment de tel ou tel comportement. Par conséquent, vous avez gardé une trace de vos angoisses et de vos moments heureux qui ont marqué les choix de votre développement. Que ce soit l’image d’un arbre représentant le pique-nique d’amoureux qui a changé le cours de votre vie, le son d’un accident mortel lié a votre comportement juvénile ou  même une phrase de détresse d’un vieillard qui vous a valu l’étiquette de  héros du village lors d’un début d’incendie, la reconnaissance et l’acceptation de vos expériences permettront une meilleur auto-évaluation de votre petite et grande personne.

 Pensez-y, tout est inscrit dans votre corps et vous pouvez faire revivre tous ces moments forts à des fins d’introspection évolutive.

 Michel Delage

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Détresse psychologique au quotidien

Commen16 détresse psychologique 2t décrire la détresse dans laquelle certaines personnes s’enfoncent inconsciemment sans pouvoir bien comprendre ce qui leur arrive ?

D’abord qu’est-ce que la santé psychologique ?

La Société Québécoise de Psychologie du Travail et des Organisations (SQPTO) définit de façon provisoire la santé psychologique  au travail de la manière suivante :

Degré variable d’ajustement psychologique (bien-être ou détresse) d’une personne au travail, dont le fonctionnement (attitudes et comportements) découle de la satisfaction ou de la frustration de ses besoins psychologiques fondamentaux dans ses interactions entre ses ressources personnelles et les ressources de son environnement de travail fournies dans la réalisation de ses rôles et de ses fonctions. (1)  

La détresse psychologique, quant à elle, serait liée à un niveau de stress difficile à résorber, doublée d’une angoisse de vivre où la vision de l’avenir est plutôt négative, pour ne pas dire problématique à plusieurs égards. La détresse dite psychologique est une sorte d’incapacité ou de frustration à trouver des solutions face à une situation qui prend de l’ampleur de jour en jour et qui provoque, presque toujours, des malaises physiques et des tensions internes, en plus d’influencer la qualité de nos relations avec notre environnement immédiat (famille et collègues).

Au quotidien, la détresse peut se manifester de plusieurs façon :

–       Une difficulté de bien comprendre la nature de ses comportements psychologiques

–       Une dépendance aux drogues et à l’alcool comme refuge psychologique

–       Un manque de ressources financières pour vivre au jour le jour

–       L’impossibilité d’avoir des heures minimales de sommeil pour se reposer

–       Une sorte de repli sur soi-même qui peut se transformer en perte d’estime de soi

–       Le syndrome de l’imposteur après une promotion

–       Le transfert d’une grande culpabilité en autopunition

–       L’angoisse de prendre une décision qui pourrait avoir des conséquences tragiques sur son couple, sur sa famille ou sur sa vie professionnelle

–       Le sentiment d’être un bouc émissaire en croyant l’avoir mérité

–       Mentir ouvertement pour cacher une double vie ou des activités frauduleuses

–       S’enfermer dans un processus de vengeance envers ses supérieurs ou ses parents

–       Nier avec force sa boulimie ou son état avancé d’anorexie

–       Agresser les plus démunis pour les humilier afin de renforcer son sentiment de supériorité

–       Se sentir dans une sorte de vide de sens en lien avec des objectifs professionnels appartenant à ses parents

–       Avoir peur que l’on découvre ses fantasmes ou ses perversions sexuelles

–       Se donner raison de voler ses amis ou son employeur pour continuer à jouer à des jeux de hasard

–       Penser à des scénarios suicidaires pour éviter de passer au travers d’une période de transformation cruciale pour son développement personnel.

Facteurs qui pourraient accentuer ces manifestations

– Le dysfonctionnement d’une partie de son corps à cause d’une maladie ou d’un accident grave

– La résistance psychologique à des changements obligatoires de ses habitudes de vie

– La découverte de ses parents biologiques et la vérité sur son adoption

– Le sentiment d’une profonde injustice dû à un harcèlement psychologique en milieu de travail

– La vision apocalyptique du futur correspondant à des échecs à répétition

– Le découragement quant à sa capacité à faire face à des situations dites ordinaires

– Une désillusion quant au bien-fondé de continuer à pratiquer la religion de sa culture d’origine

– La perte d’un être cher générant un vide affectif impossible à combler

– La trahison en amour et la perte de confiance dans une relation intime

– La résignation face à des sévices physiques subis par une personne de sa propre famille

– Les problèmes financiers menant à une faillite certaine.

La liste pourrait être très longue.

Vivre une détresse psychologique est très déstabilisant à bien des niveaux. Certaines détresses sont plus complexes que d’autres et nécessitent  l’aide d’un professionnel de la santé. Par contre, il est possible de réfléchir à notre détresse en groupe non pas pour la dissiper ou la nier mais bien pour en définir les éléments de base et prendre conscience de ses implications à court et à long terme dans sa vie.

Le développement comportemental de l’être humain se faisant toujours par étape, il se peut que vous viviez une étape cruciale pour votre développement. Parfois positifs, parfois négatifs mais également paradoxaux, nos comportements psychologiques sont régis par des valeurs liées au développement de notre personnalité comme à notre façon toute personnelle d’interpréter la réalité. Pour certains, évoluer est un défi de tous les jours; pour d’autres, c’est une série de difficultés temporaires et, pour quelques-uns, c’est un vrai cauchemar sorti d’un film d’horreur.

La détresse psychologique est un état d’être à prendre au sérieux, car elle peut nous entrainer dans des dimensions très sombres. Il est possible de visualiser la complexité de notre détresse et de la mettre en images pour fixer temporairement les étapes qui permettraient de mieux la comprendre et de la partager avec d’autres. Même dans la pire des situations, il est possible d’apprendre sur soi et de réajuster son comportement.  Si un nuage gris enveloppe votre vie, si le découragement se transforme en dépression, alors n’hésitez pas : demandez de l’aide, parlez à vos amis en mettant votre orgueil de côté. Dites-vous que votre épreuve aura un dénouement positif, puisque que c’est vous qui aurez pris votre destinée en main. Personne d’autre que vous n’aura le mérite d’avoir réussi cette transition vers des jours meilleurs.

La détresse est toujours moins grande quand elle est partagée. Pour en comprendre l’origine, il faut être capable de la réduire en quelques composantes, qui pourraient se résumer en simples couleurs. Si vous avez l’impression de vivre de la détresse, prenez le temps de la représenter en vous choisissant une image du jeu 55 icônes et laissez-nous vos commentaires sur ce que vous voyez  sur notre site internet www.55icones.com.

Michel Delage

1. SQPTO Société Québécoise de Psychologie du Travail et des Organisations État partiel des lieux en santé psychologique au travail. Rapport du comité provisoire à l’exécutif de la section Montréal  mars 2013 http://www.sqpto.ca/section/section-montreal/seminaire-sante-psychologique-au-travail. François Leduc f.leduc.coach@videotron.ca et/ou Simon Grenier : GrenierS@Filion.ca

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Construire et développer son « image de soi »

«Conn13 construire son image de soiais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux » est une devise inscrite au fronton du Temple de Delphes, que Socrate a repris à son compte. Aujourd’hui, dans le monde du travail et dans la société en général, il semble très difficile de prendre le temps de se connaître, et d’essayer de comprendre son propre univers. Avez-vous déjà débuté une démarche introspective pour mieux comprendre votre monde intérieur ? Existe-t-il des images (mentales ou virtuelles) qui vous permettent de reconnaître vos forces et vos faiblesses ? La célèbre maxime «connais-toi toi-même» devient toujours plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord lorsqu’ il s’agit de construire l’image de soi grâce à des représentations graphiques.

Il est naturel que, dès votre plus jeune âge, vous ayez développé votre image sociale en suivant certains modèles,  mais qu’après un certain temps, vous ayez réussi à départager ce qui appartient au modèle de ce qui fait partie intégrante de votre personnalité. Les ajustements se faisant naturellement, le modèle vous a permis de raffiner la connaissance que vous aviez de vous-même. Il se peut également qu’à partir du modèle choisi vous ayez développé une sorte de carapace, non pour vous protéger des autres, mais bien pour isoler les zones grises de votre personnalité que vous ne souhaitez pas partager avec le premier venu. Cette carapace, telle une sorte d’armure psychologique, vous a potentiellement enfermé dans une prison d’habitudes et même de préjugés à votre égard, vous empêchant probablement d’afficher ouvertement vos faiblesses et par conséquent votre fragilité face à certaines situations. Paradoxalement, vous désirez mieux vous connaître sans que votre image sociale ne soit amoindrie, voire dévalorisée, par ces zones non encore assumées dont vous n’avez pas encore compris l’influence sur votre comportement et encore moins l’origine de leur existence.

Nous avons tous et toutes des expériences personnelles à raconter, un parcours de vie à assumer, un passé à exorciser, des rêves à réaliser et un pouvoir personnel à exploiter. Toutes ces multiples réalités participent à la recherche de «l’image de soi», celle qui pourrait représenter la complexité de son développement personnel. L’image de soi, dont nous parlons ici, est un genre de miroir reflétant ce que nous désirons voir sans que nous frémissions de peur à la moindre  occasion où il nous faut dévoiler notre véritable personnalité. Une image de soi stabilisée, mais dont nous souhaitons paradoxalement la transformation pour maintenir un niveau élevé et constant d’évolution.

Construire cette «image de soi» présuppose la recherche d’un équilibre psychologique et psychique. Mais existe-t-il vraiment une «image de soi» qui serait imperméable aux transformations de toutes sortes ? Il serait préférable que non.

Tous les jours, il est salutaire de se questionner sur son bien-être, de valider sa vision du futur, de vérifier l’emprise de ses peurs sur ses objectifs de vie, afin de raffiner la qualité de ses comportements psychologiques et de ses relations interpersonnelles. Il est important de toujours être en accord avec sa petite et grande personne, même si elle n’est pas totalement «lumineuse». Tous les jours, il faut se choisir comme meilleur ami, en s’évaluant avec humilité afin de mieux comprendre ses failles et ses faiblesses de façon à dresser un «portrait» positif de sa personnalité, et ce, sans que notre jugement empoisonne l’exercice. La moindre interaction avec votre environnement social doit être sensée, ayant toujours comme objectif de vous améliorer et de vous faire grandir. N’oubliez pas que le choix des images qui vous représente figure comme un travail intérieur pour mémoriser les variations de cette identité en devenir et cette personnalité en perpétuelle reconstruction.

Dans notre société hautement technologique, nous conservons de plus en plus de photos et de vidéos de nos  activités quotidiennes qui, en fait, nous permettent de préciser aux autres la connaissance que nous avons de nous-mêmes.  Ces multiples arrêts sur image deviennent des projections partielles et servent à sauvegarder une trace des étapes de votre cheminement qui vous aident à mieux  réfléchir sur vos objectifs de vie. Cependant, il est important de «jouer» avec un nombre restreint d’images afin que cette «image de soi» tant recherchée ne s’enlise pas dans une suite ininterrompue de «flash» n’ayant aucun ou peu de lien entre eux.

Vous êtes-vous demandé si la photo d’un aigle, d’un chien, d’une baleine ou d’un chat pourrait symboliquement représenter un de vos états d’être ? Les couleurs rouge bleue, violette ou verte conviennent-elle à un trait de votre personnalité ? Le triangle, le cœur et même le carré correspondent-ils à un message subliminal inséré dans votre tenue vestimentaire, représentant du même coup votre sentiment d’appartenance inconditionnelle à un groupe, une idée, une croyance religieuse ou un principe de vie ?

Vouloir raffiner cette image de soi, c’est d’abord et avant tout s’habituer à partager les étapes de son évolution en sélectionnant des images possédant une très grande versatilité.  Il s’agit donc de se construire une banque d’images qui deviendra une référence à tous âges et dans toutes circonstances. Le jeu 55 icônes vous offre une banque de 55 images ayant suffisamment de profondeur symbolique pour vous permettre de découvrir et de raffiner cette image de soi reliée à la complexité de votre développement personnel et potentiellement aux étapes de votre croissance. Cette banque d’images vous permettra de vous concentrer sur l’essentiel, privilégiant une représentation archétypale capable de faire le pont entre votre monde onirique et votre réalité sociale. L’imagerie employée est universelle car elle puise son origine à même plusieurs langages imagés en provenance de différentes sociétés. Même si l’image de soi peut sembler kaléidoscopique au quotidien, au final, elle pourrait se résumer à la combinaison de 55 images de base, un peu comme la gamme diatonique des partitions musicales. Si seulement 8 notes peuvent créer une symphonie, 55 archétypes peuvent vous offrir une marge de manœuvre assez vaste pour représenter la richesse de votre monde intérieur, incluant ces angles de perception que l’on dit psychologique, poétique, philosophique et même fantasmagorique.

Construire et développer son image de soi c’est minimalement observer les images que nous utilisons afin de mieux définir et mettre au grand jour sa personnalité profonde. Ainsi, l’univers des Dieux dont parle Socrate,  à travers cette quête de «connais-toi toi-même», devient beaucoup plus accessible que nous pourrions l’imaginer.

Michel Delage

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Retrouver un équilibre psychique et mental

La santé,10 équilibre psychique quelle soit mentale ou physique, est reliée à un équilibre dont vous êtes le (la) seul(e) à vraiment connaître. Si cet équilibre est rompu parce que votre corps possède une ou plusieurs faiblesses, alors un professionnel de la santé vous aidera à comprendre l’ampleur de votre maladie et effectuera un diagnostic approprié. Évidemment certaines maladies son passagères mais d’autres font partie intégrante de votre corps. La recherche de l’équilibre dont je désire vous entretenir ici est une de nos responsabilités les plus intimes et personne ne peut prendre cette responsabilité à notre place.

Par exemple, pour bien comprendre la différence entre santé mentale et maladie mentale, prenons l’analogie entre se nourrir sainement et adopter un régime alimentaire draconien contre l’obésité. Si vous êtes attentif à votre alimentation, afin d’améliorer votre état de santé, vous contrôlerez votre consommation de gras trans, de sucre blanc, de légumes génétiquement modifiés (OGM) et ce, pour éliminer les produits toxiques qui pourraient nuire à «l’équilibre» de votre santé physique. Cependant, si vous souffrez d’allergie aux arachides ou encore que votre système digestif soit fragilisé par la présence de bactéries dans vos intestins, alors vous devrez établir quel sera le régime adéquat, voire les médicaments qui pourront pallier à votre problème physique. De là l’importance de différencier la recherche d’un équilibre et la découverte d’une maladie. Rester en équilibre signifie essayer de garder une stabilité et, si maladie il y a, cette stabilité devient difficile à obtenir sinon impossible sans palliatif utilisant obligatoirement une aide extérieure quelconque.

Réfléchir sur son équilibre et sa santé mentale demande un effort particulier car l’exercice vise à comprendre son niveau de résilience psychologique ou psychique lors de situations qui, fréquemment, n’ont pas encore été vécues ni même imaginées. Pour découvrir cette résilience, il faut s’interroger régulièrement sur son parcours de vie personnelle et professionnelle, en précisant ce qui nous semble acceptable, perturbant, déstabilisant et même carrément impossible à vivre comme environnement psychologique. Il se pourrait même que la démarche entreprise pour découvrir votre équilibre mental, toute simple soit-elle, vous ramène à l’essentiel de vos valeurs personnelles, celles-là mêmes qui vous donnent le sentiment d’avoir trouvé un sens à la vie.

Rares sont ceux et celles qui peuvent se targuer d’être équilibrés toute leur vie sans jamais réanalyser leur capacité à affronter les situations difficiles. Il est vrai que plus nous apprenons à nous connaître et plus nous découvrons que cet équilibre mental tient à quelques composantes qui doivent constamment se renouveler pour mieux servir de point d’appui à une démarche évolutive en perpétuelle transformation. Il est donc souhaitable de débuter le plus tôt possible, un cheminement qui vous amènera à comprendre et accepter vos forces et vos faiblesses. Ainsi, l’équilibre tant recherché ne servira pas uniquement à ne pas vous effondrer au moment fatidique mais bien à apprendre comment «rebondir» suite à des événements traumatisants et vous aider à accomplir les ajustements psychologiques nécessaires lors de circonstances stressantes en terrains inconnus (nouvel emploi, nouvelle relation amoureuse, confrontation culturelle, emprisonnement, faillite personnelle, harcèlement moral, etc.).

La maladie mentale quant à elle, émane davantage d’un dérèglement se situant au niveau physiologique, elle nécessite donc une assistance extérieure pour reconnaître et identifier le désordre chimique ou le niveau d’handicap qui vous affecte. Aujourd’hui la recherche concernant les divers dérèglements et problèmes mentaux présents dans notre société a tellement progressé que la liste des maladies mentales a explosé ces dernières années au point où certaines personnes, classées comme schizophrènes, dépressifs ou bipolaires, risquent d’amplifier leur maladie seulement parce qu’elles portent dorénavant une étiquette et connaissent exactement l’ampleur de leur problème. Voici une liste de 25 maladies mentales et il y a fort à parier que vous vous demanderez si vous appartenez à l’une de ces catégories. Cependant, comme chacune de ses maladies est complexe et possède son lot de symptômes, il faut être renseigné avant d’être convaincu de faire partie de l’une ou l’autre de ces catégories.

  1. Agoraphobie
  2. Alzheimer
  3. Anorexie, boulimie et autres troubles alimentaires
  4. Anxiété et troubles anxieux
  5. Autisme et troubles du spectre autistique
  6. Dépression
  7. Dyslexie et dyscalculie
  8. Gilles de la Tourette (syndrome)
  9. Hyperactivité et déficit d’attention (TDAH)
  10. Insomnie et autres troubles du sommeil
  11. Maniaco-dépression (trouble bipolaire)
  12. Panique (trouble, attaque)
  13. Phobie sociale (anxiété sociale)
  14. Schizophrénie
  15. Stress post-traumatique
  16. Toxicomanies (et addictions)
  17. Troubles de l’adaptation
  18. Troubles de la personnalité
  19. Troubles des conduites à l’enfance et à l’adolescence
  20. Troubles dissociatifs
  21. Troubles obsessionnel-compulsif (TOC)
  22. Trouble oppositionnel avec provocation
  23. Troubles psychotiques
  24. Troubles sexuels
  25. Troubles somatoformes

Retrouver son équilibre mental est fort complexe, alors il est parfois préférable de discuter de ses problèmes avec son entourage afin de comprendre l’interprétation de nos comportements en société et découvrir comment être en accord avec soi-même. Nous devons tous et toutes déployer des efforts souvent considérables pour discerner les éléments précis qui caractérisent notre équilibre mental et psychique, même si cette approche nous oblige à réfléchir aux principes fondamentaux qui régissent nos vies. Croyez-vous être en mesure de réaliser seul cette réflexion personnelle sur l’état de votre équilibre mental, avant de consulter un professionnel de la santé ?

Le jeu 55 icônes peut faciliter les discussions sur vos univers intérieurs et vos comportements psychologiques pour vous aider à partager vos découvertes en matière d’équilibre mental. Parfois il ne s’agit que de reconnaître une image correspondant à une partie, voire un détail, de votre réflexion sur la complexité de votre psyché. Il se peut même que vous ayez déjà circonscrit une multitude d’images en lien avec vos forces et vos faiblesses. En fait, l’important est de débuter un exercice de projection où l’image sert de tremplin à l’expression de votre «équilibre», quelle soit interprétée comme bonne ou mauvaise. L’équilibre mental peut se transférer en une sorte de photo instantanée qui vous aide à comprendre la complexité de la situation dans un espace mental bidimensionnel. Plus vos capacités à accepter «honnêtement» une situation sont développées, plus vous aurez de la facilité à jongler avec son déroulement, ses manifestations et potentiellement ses variations dans un avenir rapproché. Si vous êtes régulièrement dépassé par les événements, facilement perturbé dans vos interactions avec les autres, sur la défensive à la moindre occasion et même dans un état d’agressivité chronique, alors il est temps de faire une introspection pour valider si votre «état d’être» est un trait de personnalité ou le symptôme d’une recherche d’équilibre.

Michel Delage

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Redémarrage psychologique

Quand votreD0018592 ordinateur est surchargé et que certaines applications ne fonctionnent plus, quand vous réussissez à vous débarrasser d’un virus mais que certains de vos dossiers ont été affectés,  alors vous redémarrez votre machine pour qu’elle revienne à la case départ ou, si vous voulez, pour que vos applications reviennent à une version non contaminée. L’être humain possède-t-il une fonction semblable, face à des dommages psychologiques, grâce à laquelle son cerveau pourrait revenir rapidement à une version «non encore endommagée» ?

Ce bouton «redémarrer» prend plusieurs formes dans notre vie, et ce, dès notre plus tendre enfance. Le bébé naissant a besoin de se nourrir et le sein maternel devient son seul et unique objectif à un point tel que la fameuse tétine en caoutchouc lui permet de revenir à cet état psychologique de fusion avec la mère. L’utilisation de ce sein de remplacement peut facilement être vue comme le retour à un état d’être sécurisant. Le bébé n’a pas d’autre repère que celui de se reconnecter physiquement à sa mère.

D’autres types d’ancrages psychologiques mais aussi physiologiques marquent, tout au long de notre vie, ce désir de stabiliser nos angoisses liées à des relations interpersonnelles. Le bouton «redémarrer» changera donc d’aspect pour se raffiner et se réactualiser au gré d’une compréhension plus fine de ce que nous entendons par stabilité affective, émotive et psychique.

La poignée de main au début d’une rencontre, le compliment d’approbation de son patron, même une tenue vestimentaire spécifique comme première étape de son intégration dans un groupe visent à stabiliser un état d’être correspondant potentiellement à un «redémarrage» de sa vision de la réalité. La question se pose : devrait-on consolider et approfondir ce qui est important pour soi pendant un exercice de «redémarrage psychologique» ? La réponse est oui. À l’égal des vidéos de sportifs  olympiques servant à analyser les moindres détails d’un geste pour mieux performer, il est bon de reconnaître ces espaces «non encore endommagés» et d’en circonscrire parfaitement la manifestation. Le «redémarrage» peut contenir le rappel de principes de vie, de comportements en société et même de réflexions philosophiques, de maximes ou de proverbes. L’important est d’avoir accès à ses assises psychologiques.

Il y a plusieurs millénaires, les artefacts et symboles figuraient comme des cadres mnémotechniques capables de cristaliser nos questionnements quant à l’immensité de l’univers. Indépendamment des variations culturelles, certaines images abstraites sont devenues, avec le temps, ce genre de «bouton de redémarrage» pouvant stabiliser la complexité de notre monde pluridimentionnel. Maintenant, notre compréhention plus large de nos comportements sociaux présuppose un processus psychologique et cognitif comparable pour tous les êtres humains sans exception. Les hommes inventent régulièrement ces espaces virtuels qui leurs permettent de fixer temporairement la complexité de leur développement psychique. Il n’y a plus un seul et unique bouton qui permet de répondre à toutes les sortes de «redémarrage» possibles et impossibles mais plutôt un processus de symbolisation et de représentation de notre stabilité psychologique pour reconnaître plus facilement les étapes de développement.

Après avoir perdu son emploi, après avoir vécu un traumatisme, après une peine d’amour ou un changement de lieu professionnel, il y a effectivement un retour sur soi qui peut prendre autant des allures d’introspection thérapeutique que de réflexion philosophique. Chaque événement important de notre vie demande de «redémarrer» ou de revenir là où nous considérons qu’il est essentiel de recommencer, que ce soit pour nous restructurer mentalement ou tout simplement pour faire le point.

Cherchez dans votre mémoire les occasions de «redémarrage» et vous serez impressionnés de constater que vous aviez déjà mis en place ce genre d’espace «non encore contaminé».  Pour vous aider à avoir accès à ces espaces virtuels, visualisez un cercle dans un cercle et changez la couleur du cercle intérieur de façon à retrouver votre propre «bouton» symbolique. Puis, une fois la couleur trouvée, cliquez mentalement dessus et laissez aller votre mémoire dans le labyrinthe de vos pensées. Fermez vos yeux et recommencez jusqu’à ce que vous ayez été totalement en accord avec les contenus visionnés. Il y a des chances que cet exercice vous déstabilise, mais continuez malgré tout, vous serez surpris du résultat.

Un , deux, trois…Visualisez votre «redémarrage» maintenant…

Michel Delage

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